L’agence maritime de l’ONU ne se contente plus de décrire le danger dans le détroit d’Ormuz. Elle demande aux compagnies de tenir leurs navires et leurs équipages à l’écart.
Arsenio Dominguez, secrétaire général de l’Organisation maritime internationale, a déclaré dans une interview que la situation dans la zone est critique et ne montre aucun signe d’apaisement, et que les navires font face à ce qu’il a appelé un double blocus, selon Marine Insight. Environ 6 000 marins se trouvent toujours à bord de navires dans le détroit et à ses abords, tandis que les États-Unis et l’Iran s’accusent mutuellement au sujet du traitement des équipages sur place.
Chiffres clés
- 6 000 marins bloqués à bord de navires près du détroit, selon l’OMI
- 113 attaques ou tentatives d’attaque contre des navires recensées dans le registre public de l’OMI au 15 octobre
- 24 marins tués depuis le début du conflit en février
- 24 navires attaqués dans les deux semaines précédant les déclarations du chef de l’OMI, la période la plus lourde de ce type depuis février
Deux navires immatriculés à Singapour touchés en deux jours
Le GFS Pride et le GFS Giselle, tous deux inscrits au registre de Singapour, ont été frappés par un projectile les 13 et 14 octobre. Le Pride a coulé. Ses 21 membres d’équipage ont tous été secourus. Le Giselle a subi des dommages à la coque et est en réparation à un mouillage ; ses 22 membres d’équipage ont été évacués.
Ces deux cas donnent une forme concrète au décompte du registre. Le conflit a commencé en février, après des frappes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, et le rythme des incidents s’est accéléré depuis. L’US Navy a qualifié de grave la menace pesant sur la navigation dans la région.
Pour tout transporteur de marchandises, la conséquence pratique est qu’une voie maritime stratégique fait désormais l’objet d’un avertissement explicite de l’organisme qui fixe les règles mondiales du transport maritime. Les navires qui restent à l’écart attendent ailleurs ; ceux qui la traversent le font à l’encontre de cette recommandation.
Les deux camps livrent des versions différentes du même canal radio
Le canal VHF 16 est la fréquence internationale de détresse et d’appel, celle qu’un navire utilise lorsqu’il a besoin d’aide. Des responsables américains ont indiqué que l’armée a demandé aux navires traversant le détroit d’utiliser le canal 16, ou de contacter directement les autorités américaines, s’ils souhaitent une assistance américaine.
L’envoyé de l’Iran auprès de l’OMI, Seyed Ali Mousavi, en a donné une autre lecture. Selon lui, l’US Navy a utilisé ce même canal pour menacer des navires et des équipages iraniens, et pour exercer ce qu’il a appelé une pression psychologique sur des marins civils.
Le CENTCOM a déclaré dans un communiqué officiel en juillet qu’il aiderait les autres navires tout en maintenant un blocus des navires iraniens, et a indiqué plus récemment qu’il s’adresse aux navires tentant la traversée et lance des avertissements répétés avant d’ouvrir le feu sur eux. Aucun des comptes rendus disponibles ici ne vérifie de manière indépendante la version de l’un ou l’autre camp sur l’utilisation du canal 16.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a déclaré que Téhéran rouvrirait le détroit dans un délai d’une semaine si Washington prenait en compte ses exigences et œuvrait à un accord. Aucune date n’était associée à cette condition dans les comptes rendus.
Hellenic Shipping News a repris le même chiffre d’environ 6 000 membres d’équipage bloqués, en l’attribuant au chef de l’agence de l’ONU, dans son article de vendredi.
